Nizzar Ben Chekroune

Travaux · Cas approfondi · Lire en anglais

UNITAR

J’ai accompagné l’UNITAR de son intérêt pour la blockchain à un pilote de certification fonctionnel, et formé l’équipe à Genève.

Nizzar Ben Chekroune a conseillé l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR) sur la blockchain et le Web3, avec Rabih El-Haddad, directeur de la Division de la diplomatie multilatérale. Le travail a commencé en juillet 2022 par un concept de programme NFT, puis s’est poursuivi en 2023 à travers Berexia, qui l’employait pour ses activités Crypto, NFT, SBT et métavers auprès de ses clients : un pilote fonctionnel de certificats sur blockchain, vérifiables publiquement et conservés par leurs titulaires, ainsi qu’une formation au siège de Genève. Le pilote a démontré le mécanisme ; il n’a pas été déployé à grande échelle.

Relation
Mission client à travers Berexia
Rôle
Consultant en stratégie Web3 et certification sur blockchain
Période
Juillet 2022 à 2023
Lieu
Genève, Suisse
Avec
UNITAR (United Nations Institute for Training and Research), Berexia
Attribution
À travers Berexia (emploi) en 2023 ; phase conceptuelle dès juillet 2022

Pourquoi une institution m’a appelé

J’ai été présenté à Rabih El-Haddad, directeur de la Division de la diplomatie multilatérale de l’UNITAR. L’institut connaissait mon parcours institutionnel. Mes années à l’ONUDI comptaient : j’avais travaillé dans un programme des Nations unies et connaissais ses façons de rendre compte, décider et avancer.

L’UNITAR cherchait une expertise blockchain et Web3. C’est la combinaison qui comptait. Beaucoup savaient expliquer le Web3 ; beaucoup connaissaient le système onusien. Moins de personnes pouvaient faire les deux dans une même réunion.

Une demande plus large que le résultat

La demande couvrait presque tout ce que la blockchain pouvait représenter pour une institution : usages généraux, certification, stratégie Web3, applications institutionnelles, choix technologiques et prestataires, preuve de concept, identité et justificatifs vérifiables, NFT et tokenisation, formation de l’équipe et positionnement de l’institut sur l’innovation.

La première idée, à l’été 2022, était un programme NFT, Digital Art for Diplomacy and Peace : vendre de l’art numérique pour financer la participation gratuite aux programmes de renforcement des capacités de l’UNITAR de personnes issues d’États membres vulnérables ou en développement. Nous avons travaillé le concept avec Rabih et son équipe et le leur avons présenté en novembre.

Une demande aussi large est un risque en elle-même. Une institution peut explorer longtemps une technologie et finir avec un rapport, plutôt qu’un outil qui fonctionne.

Le problème des certificats

J’ai commencé par diagnostiquer les usages. Le plus solide était celui qui touchait au métier même de l’UNITAR : un institut de formation délivre des certificats. Un certificat physique, ou un fichier qui le remplace, a ses limites : il peut être copié, un tiers peine à le vérifier sans contacter l’institution, et il accompagne mal son titulaire dans ses déplacements.

Pour l’UNITAR, le problème est particulièrement concret. L’institut forme des diplomates et des agents publics qui changent de poste, de pays et d’institution, et dont la formation fait partie du parcours professionnel. Un justificatif vérifiable par tous, qui reste avec son titulaire, convient mieux à ce public qu’un document à demander à Genève.

J’ai proposé les soulbound tokens : des justificatifs inscrits sur une blockchain et liés à leur titulaire, qui ne peuvent être transférés ni vendus. Autour, j’ai défini une expérience d’apprentissage numérique dont la blockchain serait le point d’entrée, pour que le justificatif soit l’aboutissement visible d’un parcours, plutôt qu’un gadget technique.

De la stratégie à un système fonctionnel

En 2023, le travail s’est poursuivi à travers Berexia, qui m’avait employé pour porter ses activités Crypto, NFT, SBT et métavers auprès de ses clients, avec les formations associées.

Ma contribution suivait l’ordre de la décision : d’abord l’architecture stratégique, puis la recommandation technologique, les partenaires et prestataires capables de la réaliser, et une feuille de route qui plaçait la certification en premier et gardait les autres sujets pour la suite.

Début 2023, j’ai construit la proposition qui donnait la priorité à la certification : une plateforme de formation en ligne avec une place de marché, et des justificatifs sur blockchain pour répondre aux faux certificats. Rabih voulait que ce problème soit traité explicitement.

La feuille de route permettait aussi de dire « pas encore ». Les NFT, la tokenisation et la stratégie Web3 plus large restaient envisagés, après un premier usage réalisable, testable et évaluable. Une institution apprend davantage d’un pilote fonctionnel que d’une longue liste de possibilités.

Un système de certification sur blockchain a été développé et une preuve de concept fonctionnelle produite. Le pilote pouvait émettre un certificat sur blockchain, permettre à chacun d’en vérifier publiquement l’authenticité et donner au titulaire un justificatif numérique qu’il pouvait emporter avec lui.

Le travail a été présenté au directeur de l’UNITAR, avec Rabih El-Haddad et son équipe.

Former l’équipe à Genève

La transmission faisait partie du mandat. J’ai donné une formation au siège de l’UNITAR à Genève, pour que les personnes chargées de décider de la suite comprennent ce sur quoi elles se prononçaient.

L’objectif était simple : après la session, l’équipe devait pouvoir expliquer ce qu’un justificatif sur blockchain garantit, ce qu’il ne garantit pas, et comment interroger un prestataire qui promet davantage.

Une institution qui comprend la technologie peut juger seule les propositions, les fournisseurs et les affirmations. Cette autonomie dure au-delà d’un pilote, et le travail a influencé des initiatives ultérieures de l’institut.

Un pilote qui a fait avancer l’institution

Le système de certification est resté un pilote fonctionnel, plutôt que le système habituel de l’institut. Dans les grandes institutions, les pilotes s’arrêtent pour des raisons variées : budget, mandat, priorités ou temps nécessaire pour passer d’une division à toute l’organisation.

Son résultat est concret. Un institut de formation des Nations unies est passé d’un intérêt théorique pour la blockchain à un outil qu’il pouvait tester, montrer à sa direction et utiliser pour décider. Pour une institution, ce passage de la théorie au pilote fonctionnel est déjà un résultat.

Ce que j’en retiens

Je peux accompagner une institution de la curiosité pour une technologie à un outil testable, choisir l’usage qui justifie cette technologie, et dire clairement où le travail s’est arrêté.

Personnes

Rabih El-Haddad
· Directeur de la Division de la diplomatie multilatérale, UNITAR

Sources

  • BerexiaUne mission salariée pour développer les capacités de Berexia en technologies émergentes, entre projets clients et formation.
  • ONUDI · Creative MediterraneanAgent de développement de cluster de l'ONUDI à Marrakech, j'ai aidé des entreprises dispersées à travailler, vendre et exposer comme un seul cluster.
  • BaccaratUne maison de cristal se demandait jusqu’où aller dans le Web3. Je lui ai apporté une recherche, une direction, des partenaires et une feuille de route adoptée.
  • Fédération Française de TennisUn modèle NFT était sur la table de la fédération. Je l’ai remis en question, et j’ai élargi ce qu’elle comprenait de ce que le Web3 pouvait faire pour un sport.
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